A la Campagne

En vacances, à la montagne,

Oh la douce vie en campagne!

Je voudrais y rester toujours,

Hélas! les jours y sont trop courts.

Dès l'aurore, dans le feuillage,

Les oiseaux semblent rendre hommage

Au grand Maître de la nature,

Qui l'a faite si belle et pure.

Et tout ce qui était tranquille

Revit; partout la rosée brille:

Les fruits prennent un teint vermeil

Lorsque apparaît le gai soleil.

Quand je m'en vais en promenade,

Je marche, je cours, je gambade

M'arrête et récolte à foison

Les violettes du gazon.

Déjà, dans les champs en culture,

Les gens sont à leur tâche dure .

Comme ils sont forts et courageux!

Comme ils sont pauvres mais heureux!

Plein de tout spectacle champêtre

Je m'en retourne l'âme prête

A louer encore une autre fois

La tâche de ces villageois.

A midi, plaisir véritable

De se voir réunis à table!

On a faim et ne tarde pas

A finir le frugal repas.

Un livre sous les yeux, à l'ombre,

Parmi fleurs et oiseaux sans nombre,

Hors des habitats attiédis,

Qu'il fait bon les après-midi!

A labourer, l ' un ne se lasse

L ' autre joue ou est à la chasse:

L ' un est aux sports, l ' autre au métier

Et moi... je suis à versifier

Mes vers ne sauront se défendre

J'essaie en vain, hélas! de rendre

De la campagne la beauté,

Son doux bonheur et sa gaieté.

Car tout me plonge dans un rêve,

Tout en d'autres mondes m'élève,

Tout m ' est sous ce ciel radieux,

Charmant, agréable à mes yeux.

Et quand la mort viendra me prendre

Je serai bien heureux de rendre

Encor hommage à son soleil

Et me sanctifier au Ciel.

 

Jean Guichard le 12.12.1945. En vacances